Vous entrez au 5e étage du Yacht-club de Monaco et l’air change. L’odeur des fleurs vous saisit. Autour de vous, 85 participants s’affairent, sécateur en main, entre technique et éclats d’imagination.
Voir le sommaire
Un concours qui grandit, au bord de la mer
Le concours international de bouquets organisé par le Garden Club de Monaco attire de plus en plus de monde. Autrefois tenu dans le tunnel Riva, l’événement a gagné le Yacht-club parce que l’ancien lieu est devenu trop petit. Vous voyez tout de suite pourquoi. La vue sur la Méditerranée ajoute une dimension presque théâtrale aux compositions.
Les participants viennent de partout. Majoritairement des femmes, souvent des habituées. Mais on trouve aussi de jeunes talents. Plus de 20 enfants âgés de 6 à 14 ans participent. L’énergie est bouillonnante. La passion traverse les générations.
Thème et contraintes : quand le ciel inspire
Cette année, le thème était « Céleste ». L’idée était d’inviter les créateurs à lever les yeux. Certains ont choisi l’orage et la verticalité. D’autres ont pensé aux aurores boréales ou à un soleil stylisé. Le défi est double. Il faut imaginer une scène et la construire pour qu’elle tienne.
- « Mes plus beaux souvenirs ? Les forêts de mimosas, les batailles de fleurs… » : Marie-Anne Chazel, marraine d’Exporose à Grasse, se replonge dans sa jeunesse azuréenne›
- À Enghien, les potagers communaux cultivent fruits, légumes et lien social›
- « Nous nous sommes sentis désarmés » : leur désarroi face au prosulfocarbe qui contamine les potagers du Perche›
Les candidats pouvaient concourir dans sept catégories. Chacun dispose de contraintes précises. Le travail commence souvent sur papier. D’autres composent directement, en improvisant. Les deux approches se voient dans les résultats.
Technique, patience et un brin de folie
Vous remarquez vite que l’art floral n’est pas que décoratif. Il repose sur des gestes mesurés. On scie, on fixe, on équilibre. Et parfois on ose une touche folle. Une Zantedeschia aethiopica placée au bon endroit fait toute la différence.
Un duo venu du Gard a imaginé la pluie et les éclairs. Ils ont utilisé scabiosa stellata, œillets, gypsophile, branches couvertes de lichen jaune, tillandsia et écorces de chêne-liège. Le résultat flotte et vibre. Ils racontent qu’il a fallu beaucoup d’anticipation. Ils ont dessiné le bouquet dans leur tête avant de le réaliser.
Des exemples qui parlent
Une équipe a aligné callas et cycas pour évoquer les couleurs dansantes d’une aurore boréale. Un jeune participant de 8 ans a mêlé germini, solidago, plantes ping-pong, citrons et petits poivrons. C’est surprenant. Et cela prouve que l’originalité paye.
Carla, huit ans, travaille l’art floral avec sa grand-mère. Elle dit aimer partir de rien pour créer quelque chose de beau. Sacha, du même âge, aime la délicatesse du geste et la concentration nécessaire. Ces témoignages montrent que l’art floral n’est pas réservé aux seuls experts.
Le rythme du concours : 4 h 30, pas une minute de plus
Le temps est strict. Les candidats disposent de 4 h 30. Ils commencent à 7 h 30 et doivent finir à midi. Ensuite, l’espace est réservé aux jurys. On sent la pression. Mais la plupart avouent que l’adrénaline stimule la créativité.
La présidence du jury spécial revient à la princesse Caroline. Un jury officiel international évalue ensuite les compositions selon des critères précis.
Sur quels critères est-on jugé ?
- Interprétation du thème
- Proportions
- Choix des couleurs
- Rapport fleurs / récipient
- Conditionnement du matériel végétal
- Originalité et personnalité
Ces critères obligent chaque participant à penser l’ensemble. Ce n’est pas seulement une belle fleur. C’est un univers cohérent.
Ce que ressentent les concurrents
La nervosité côtoie la sérénité. Chantal, venue de Lyon, avoue avoir été très stressée huit jours avant. Sur place, elle retrouve le calme. Selon elle, l’endroit respire la paix. C’est beau de voir tout le monde travailler ensemble.
- « Mes plus beaux souvenirs ? Les forêts de mimosas, les batailles de fleurs… » : Marie-Anne Chazel, marraine d’Exporose à Grasse, se replonge dans sa jeunesse azuréenne›
- À Enghien, les potagers communaux cultivent fruits, légumes et lien social›
- « Nous nous sommes sentis désarmés » : leur désarroi face au prosulfocarbe qui contamine les potagers du Perche›
Pour beaucoup, la récompense n’est pas le prix. C’est d’être présent et de créer. « C’est d’abord pour nous », disent plusieurs participants. Et cela se sent dans chaque geste.
À ne pas manquer
Si vous voulez voir les démonstrations, rendez-vous dimanche 10 mai entre 11 h et 16 h. Le programme propose une démonstration florale de 1 h 30 et des conférences de 30 minutes. L’entrée est libre et gratuite. Les rencontres se tiennent dans la meeting room du Yacht-club de Monaco.
Si vous aimez la beauté qui mêle talent et folie contrôlée, ce concours est une excellente fenêtre sur un monde où la technique sert le rêve. Vous repartirez peut-être inspiré pour composer votre propre bouquet.


