Comment épandre l’excédent de pommes de terre

Comment épandre l’excédent de pommes de terre

Vous faites face à un excédent de pommes de terre et vous hésitez entre jeter, donner ou épandre. La bonne nouvelle est qu’il existe des solutions pratiques. Mais il faut agir avec méthode pour rester dans la légalité et éviter des problèmes sanitaires.

Pourquoi épandre les pommes de terre ?

Épandre des tubercules non commercialisables peut permettre de valoriser une récolte abondante. Vous réduisez les pertes et vous apportez de la matière organique au sol. C’est souvent plus simple et moins coûteux que l’élimination par d’autres filières.

Cependant, cette pratique n’est pas sans risque. Elle demande de respecter des règles pour protéger l’environnement et la santé des cultures.

Ce que dit la réglementation

Le Comité national interprofessionnel de la pomme de terre (CNIPT) rappelle les textes du programme d’actions national et des PAN régionaux liés à la directive nitrates. Ces règles fixent notamment :

  • des limites d’azote apporté par épandage,
  • des périodes autorisées pour épandre,
  • des conditions de sol et des distances aux milieux sensibles.

Vous devez vous référer au PAN régional pour connaître les dates et contraintes locales. Les règles s’appliquent strictement aux sols non gelés et non détrempés. Les distances à respecter incluent au minimum 35 m des cours d’eau. Les pentes et autres limites locales peuvent aussi interdire l’épandage.

Quantités et calculs pratiques

Sur la base des références Comifer, on retient environ 3,4 kg N par tonne de pommes de terre brutes. Le CNIPT indique que le tonnage épandu ne doit pas dépasser 20 t/ha si cet apport est unique.

Concrètement, 20 t/ha × 3,4 kg N/t donne environ 68 kg N/ha. Si vous apportez d’autres matières riches en azote, vous devez réduire la quantité de tubercules épandues.

Bonnes pratiques pour épandre en sécurité

  • Attendez le bon moment. Privilégiez un épandage à partir du début de juillet si possible.
  • Contrôlez le sol. Évitez les sols gelés ou détrempés pour limiter le ruissellement.
  • Respectez les distances. Laissez au moins 35 mètres entre la zone d’épandage et les cours d’eau.
  • Évitez les pentes trop raides. Les risques d’érosion augmentent la perte de matière organique.
  • Notez les apports. Tenez un registre des quantités déposées pour rester conforme aux obligations nitrates.

Risques sanitaires et agronomiques

L’épandage doit rester raisonné. Les tubercules peuvent produire des repousses. Elles compliquent le travail cultural suivant. De plus, vous pouvez propager des bioagresseurs. Les nématodes de quarantaine et le mildiou représentent un risque réel.

Évitez d’épandre si vous suspectez la présence de parasites réglementés dans la parcelle. Attendez la période la plus tardive de la saison pour réduire le risque de foyers actifs de mildiou.

Compostage, mise en tas et alternatives

Le compostage est une solution qui permet de stabiliser la matière et réduire les risques phytosanitaires. Mais il peut être coûteux à mettre en œuvre. Il exige du temps, des moyens et une gestion rigoureuse des monceaux.

La mise en tas reste une option de dernier recours. Elle doit se faire le plus tard possible en saison. L’idéal est fin juin ou début juillet. L’objectif est d’éviter d’activer des foyers de mildiou au moment de la mise en tas.

Avant d’opter pour l’épandage, pensez aux dons alimentaires, à l’alimentation animale et à la méthanisation. Ces filières ont déjà été mobilisées et restent souvent la meilleure valorisation.

Conclusion pratique

Si vous envisagez d’épandre l’excédent de pommes de terre, respectez d’abord le PAN régional. Limitez-vous à 20 t/ha si cet apport est unique. Épandez à partir de début juillet sur sols favorables. Respectez 35 m des cours d’eau et surveillez les risques sanitaires.

Agissez avec prudence. Un choix bien informé évite des sanctions et protège vos cultures futures. Si vous avez un doute, contactez votre service départemental ou votre interprofession pour un conseil ciblé.

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Auteur/autrice

  • Je suis horticultrice spécialisée en jardins ornementaux et potagers urbains, diplômée en production horticole à VetAgro Sup. J’ai plus de 12 ans d’expérience en pépinière et en conception de jardins pour particuliers et maisons de campagne. J’ai accompagné de nombreux projets de rénovation extérieure où le jardin structure l’ambiance de la maison au fil des saisons. Ma spécialité : associer plantes faciles d’entretien et solutions écologiques concrètes pour les jardiniers amateurs exigeants. Ici, je partage mes essais au jardin, mes retours d’expérience terrain et des conseils pratiques que j’applique chaque jour chez moi.

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