Vous pensez acheter un simple terreau pour vos légumes. Et si ce sac cachait des microparticules de plastique capables de finir dans votre assiette ? Un test de l’émission « A Bon Entendeur » remet en question la sécurité de plusieurs marques vendues en Suisse romande.
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Que révèle le test ?
L’émission de la RTS a fait analyser six terreaux universels sans tourbe par un laboratoire norvégien. Les appareils détectent des fragments mesurant entre 0,027 et 1 millimètre. Résultat : un seul produit ne montre aucune trace de plastique. Les autres présentent des quantités variables, parfois préoccupantes.
Le laboratoire a identifié différents types de plastiques. Certains sont peu préoccupants. D’autres, comme le polystyrène ou le PVC, soulèvent des questions de toxicité et d’impact sanitaire.
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Quels produits sont concernés ?
Voici l’essentiel des constats :
- Terreau sans marque (Hornbach), fabriqué par Ricoter en Suisse : aucun microplastique détecté. C’est aussi le moins cher du test.
- Mioplant (Migros) : jugé « bon ». Présence très faible de deux types de plastique peu dangereux.
- Capito (Landi) et Compo Bio (Jumbo) : davantage de plastique, dont du polystyrène.
- Terreau bio (Schilliger) : quantité importante de plastique, y compris du PVC. Produit jugé insuffisant.
- Terreau (Obi) : le plus chargé, avec 20’800 microgrammes de plastique par litre. Beaucoup de PVC et de polystyrène. Classement insuffisant.
Deux marques sont donc jugées insuffisantes pour un usage potager, surtout si vous cultivez des légumes destinés à la consommation.
Pourquoi ces microplastiques posent-ils problème ?
Fanny Berset, doctorante en sciences de l’environnement à l’Université de Genève, alerte sur un mécanisme simple mais inquiétant. Quand les plantes poussent, des particules assez fines peuvent traverser les barrières racinaires. Elles atteignent ensuite les feuilles, les fruits et les légumes.
Une fois ingérées, ces particules peuvent migrer du tube digestif vers les organes internes et le sang. La taille et la nature du plastique dictent le risque. Le PVC et le polystyrène suscitent une prudence particulière du fait de leurs additifs et de leur toxicité potentielle.
D’où provient le plastique dans le terreau ?
Pour le comprendre, A Bon Entendeur a visité le centre de compostage de Châtillon à Bernex (GE). Thomas Servant des SIG explique que les déchets verts contiennent de nombreux « indésirables » : sacs-poubelle, bouchons PET, capsules de café.
Malgré plusieurs étapes de tri mécanique et un passage en digesteur, des fragments persistent. L’ordonnance suisse OChim impose que le compost vendu ne contienne pas plus de 0,1 % de plastique visible. Mais cette règle ne couvre pas les microplastiques invisibles à l’œil nu. Aujourd’hui, il n’existe pas d’équipement industriel capable de trier le compost au niveau microplastique.
Que faire pour votre jardin ?
Voici des actions concrètes et faciles à mettre en place pour réduire le risque :
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- Privilégiez un terreau dont l’origine est indiquée. Les produits fabriqués localement, comme celui de Ricoter, ont montré de meilleurs résultats.
- Évitez, pour les cultures alimentaires, les terreaux ayant fait l’objet d’alertes publiques. Si un fabricant reconnaît l’utilisation de « déchets verts », demandez des précisions.
- Composez votre propre compost à la maison en triant rigoureusement les déchets verts. C’est la meilleure façon de limiter les indésirables.
- Lavez soigneusement légumes et fruits. Une partie des particules peut se retirer à la surface.
- Utilisez des bacs surélevés avec un terreau neuf et contrôlé pour les potagers si vous habitez près d’un centre de compostage urbain.
- Interrogez les vendeurs. Demandez des analyses ou la provenance des matières premières.
Que retenir ?
Le test montre que le plasticophage environnemental n’épargne pas nos sacs de terreau. Certains produits restent propres. D’autres contiennent du polystyrène ou du PVC en quantité notable. Le tri à la source des déchets verts apparaît comme la seule solution efficace à grande échelle pour diminuer la contamination.
Vous pouvez agir dès aujourd’hui en choisissant mieux, en compostant proprement et en demandant des garanties aux fabricants. La santé de votre potager et de votre assiette en dépend.


