La vigne a pris une longueur d’avance. Dans l’Anjou, la croissance est si rapide que les vignerons courent pour rattraper les travaux de printemps. Et côté maladies, la situation reste plutôt calme — pour l’instant.
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Un démarrage hors norme en Anjou
La végétation est exceptionnellement précoce. Certains experts évoquent même la possibilité de vendanges pour les vins de base dès la première quinzaine d’août. Les chenins les plus rapides atteignent le stade « 7‑8 feuilles étalées » ou montrent des « boutons floraux agglomérés ». Ces stades correspondent à un avancement notable par rapport aux années habituelles.
La fraîcheur revenue et un vent d’est persistant ont toutefois freiné légèrement cette avance. Malgré cela, la vigueur reste nettement supérieure à la normale pour la région.
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Travail au vignoble : rattraper le retard
Les dernières pluies de fin d’hiver ont retardé l’accès aux parcelles. Beaucoup terminent encore le pliage. D’autres attendent enfin des sols moins imbibés pour faire le travail du sol.
Pour éviter de perdre le contrôle, il est conseillé de prioriser l’ébourgeonnage. Commencez par les plantiers, les jeunes vignes et les parcelles qui ont subi un gel entre le 15 et le 17 mars. Ce conseil vise à préserver la reprise de ces plantes avant d’intervenir sur les sorties massives de pampres sur chenin.
Sur un relevé réalisé fin mars, certaines parcelles présentaient entre 2 % et 40 % de bourgeons gelés. De nouvelles gelées ont été notées le 14 avril. Globalement, les experts estiment que le gel ne devrait pas fortement diminuer la production totale de l’Anjou. En revanche, il pèse sur la trésorerie des exploitations qui ont engagé des dépenses pour se protéger.
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Sanité de la vigne : pour l’instant, la pression reste faible
Bonne nouvelle : la pression phyto est actuellement très basse. Les observations indiquent un niveau proche de zéro. Quelques symptômes d’excoriose ont été repérés. Environ 8 % des parcelles ont montré des signes, avec en moyenne 8 % des ceps touchés dans ce réseau de suivi.
Les vignes précoces ont atteint le stade de sensibilité à l’oïdium. Pourtant, l’absence de rosée matinale a évité des traitements généralisés. Si la pluie annoncée pour le 29 avril se confirme, les conditions redeviendront favorables à l’oïdium. Il faudra alors débuter ou renouveler la protection sur les parcelles ayant atteint 7‑8 feuilles étalées.
Quant au mildiou, il reste pour l’instant inactif. Les modèles montrent qu’il faudrait au moins 15 mm d’eau pour permettre les premières contaminations. Tant que les précipitations sont faibles, le risque reste limité.
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Actions pratiques et priorités à court terme
- Ébourgeonnage : priorisez plantiers, jeunes vignes et parcelles gelées. Intervenez avant les sorties massives de pampres.
- Surveillance : contrôlez régulièrement les parcelles précoces et notez les stades foliaires.
- Protection anti-oïdium : ne traitez que si la rosée matinale revient ou après des pluies. Ciblez les parcelles à 7‑8 feuilles.
- Mildiou : gardez un œil sur les cumuls de pluie. Une pluviométrie supérieure à 15 mm change la donne.
- Gestion des coûts : conservez les factures des moyens anti‑gel. Elles peuvent peser sur la trésorerie et justifier des aides ou des adaptations budgétaires.
Regard vers l’avenir
Cette précocité impose une vigilance accrue. Les calendriers de travail se resserrent. Vous devez adapter l’ordre des chantiers et suivre la météo de près.
Le point positif, c’est que la pression sanitaire reste faible pour le moment. Mais une pluie trop importante pourrait tout changer. La clé est la réactivité : agir au bon moment, sans céder à la panique, et protéger ce qui peut l’être efficacement.


