Vous remarquez ces haies vertes et denses, si pratiques pour délimiter un jardin. Elles ont pourtant un secret: certaines se répandent partout et étouffent la nature locale. Cette tendance inquiète des naturalistes et des habitants du Littoral neuchâtelois. Pourquoi faut-il agir vite, et que pouvez-vous faire concrètement?
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Pourquoi les plantes invasives sont un vrai problème
Ces espèces s’installent facilement. Elles poussent vite, se reproduisent abondamment et prennent la place des espèces indigènes. Résultat: moins d’abeilles, d’oiseaux et de fleurs locales. Le paysage change sans que l’on s’en rende compte.
Le paradoxe est frappant. On choisit souvent ces plantes pour leur facilité d’entretien ou leur prix. Mais à terme, elles appauvrissent la biodiversité et rendent la gestion des milieux plus coûteuse pour tous.
Le cas du laurier-cerise — populaire mais envahissant
Depuis une trentaine d’années, le laurier-cerise (Prunus laurocerasus) est très présent dans les zones urbaines. Il sert de haie dense et demande peu de soins. Ce qui le rend séduisant pour les jardins privés.
Comment reconnaître le laurier-cerise?
- Feuilles persistantes, ovales et luisantes.
- Branches qui forment des touffes épaisses et sombres.
- Fleurs blanches en grappes au printemps, puis petites drupes noires.
Comment le contrôler chez vous?
Il existe plusieurs méthodes. Aucune n’est magique. La persévérance est la clé.
- Coupez les branches basses et réduisez la hauteur. Répétez l’opération deux à trois fois par saison.
- Arrachez les racines si la touffe est jeune. Pour une souche compacte, creusez autour et retirez les racines sur 20–30 cm de profondeur.
- Si vous utilisez un désherbant, suivez les règles locales et les consignes de sécurité. L’application ponctuelle peut compléter l’arrachage, mais ne remplace pas l’élimination des racines.
- Après extraction, jetez les déchets verts conformément aux consignes communales. Évitez le compost domestique si des graines ou fragments de racines persistent.
D’autres espèces à surveiller
Le Renouée du Japon et le Buddleia de David reviennent souvent dans les discussions. Ces plantes, comme le laurier-cerise, s’étendent rapidement et résistent aux tentatives d’éradication si l’on n’agit pas tôt.
La vente de plusieurs de ces espèces est interdite depuis septembre 2024. Cette mesure vise à freiner les nouvelles plantations. Mais elle ne retire pas immédiatement ce qui est déjà installé sur le terrain.
Que fait le canton et que pouvez-vous attendre?
Mesures publiques
Les autorités cantonales réfléchissent à des aides financières. Des subventions pourraient encourager les propriétaires à retirer ces plantes et restaurer des espèces locales. Pour l’instant, les décisions sont en cours et les actions de terrain restent limitées.
Des signalements citoyens jouent un rôle important. Des habitants ont alerté les communes, comme récemment à Cortaillod. Ces alertes permettent de prioriser les interventions et de sensibiliser les voisins.
Ce que vous pouvez faire dès maintenant
- Inspectez votre jardin. Repérez les sujets de laurier-cerise, de Renouée du Japon ou de Buddleia.
- Contactez votre commune pour connaître les règles locales et les collectes spécifiques.
- Privilégiez des alternatives indigènes pour remplacer une haie envahissante. Par exemple, privilégiez des arbustes locaux adaptés à votre sol et à votre exposition.
- Partagez l’information avec vos voisins. Une lutte collective est bien plus efficace qu’une action isolée.
Et si l’on ne fait rien?
Ces plantes continuent de se reproduire. Elles modifient durablement les milieux. La charge de travail et le coût de réhabilitation augmentent avec le temps. Agir aujourd’hui réduit les frais et préserve la nature que vous aimez.
En conclusion
Le contraste est saisissant: des plantes choisies pour leur facilité deviennent des menaces pour la nature. Vous avez un rôle concret à jouer. Inspectez votre jardin, signalez les cas à votre commune et envisagez des remplacements par des espèces locales. Des aides publiques pourraient bientôt vous aider. Mais chaque action compte maintenant.


